Les légendes autour de la Truffe

La truffe noire malmenée par les croyances

Un champignon noir, rare et mystérieux laissait penser au moyen-âge que la truffe avait des pouvoirs maléfiques.

Certains disaient qu’elle était empoisonnée puisque autour de cette dernière, toutes les herbes mouraient. Il s’agit en fait d’un herbicide que la truffe sécrète naturellement dans les sols. Le doux nom donné à ce cercle au pied des chênes était « Le rond des Sorcières« . Il venait d’une légende racontant que lorsque le soleil se couchait, les sorcières se rassemblaient autour d’un chêne pour y danser. Au petit matin, apparaissait ce rond d’herbes mortes dans lequel en grattant un peu la terre on pouvait trouver, des truffes noires dites empoisonnées. Le clergé recommandait donc de ne pas la consommer.

 

1. La légende de la Truffe de Fulbert Dumonteil

Notre histoire se passe en Périgord .Une pauvre vieille femme, mourant de fatigue et de faim, s’arrêta un jour devant la cabane d’un bûcheron ; celui-ci l’accueillit charitablement et lui donna une belle pomme de terre qui finissait de cuire sous la cendre.

C’était là tout le souper de ce bûcheron, plus pauvre encore que celui de La Fontaine.

Tout à coup, un éclair illumina la cabane, et la vieille mendiante se trouva changée en une belle dame toute couverte de pierreries. » Je suis, dit-elle au bûcheron, la fée du Périgord ; tu as été touché par ma misère, sois en   récompensé. « Et elle frappa de sa baguette d’or la pomme de terre qui devint aussitôt noire comme l’ébène et parfumée comme la rose. » Va, continua la fée, cours à ton jardin, tu le trouveras plein de ces pommes précieuses dont personne ne connaîtra jamais la graine ; c’est un trésor que je te donne. « Elle dit et s’envola par la cheminée sous la forme d’une étincelle.

Le bûcheron courut au jardin, fouilla la terre et resta émerveillé ; partout les pommes de la fée venaient s’épanouir en bouquets odorants, au milieu des violettes et des marguerites. Il choisit les plus belles et les porta au curé du village qui, charmé de leur goût autant que de leur parfum, en expédia une corbeille à un chanoine de Périgueux, son protecteur ; celui-ci trouva ces pommes noires si délicates qu’il en offrit à son évêque, qui, à son tour, en envoya au Pape. Au bout de fort peu de temps, la pomme de la fée fit la fortune du bûcheron. Il mourut en laissant à ses enfants d’immenses richesses ; mais ceux-ci ne regrettèrent pas leur père, parce qu’il avait été bûcheron et qu’ils en rougissaient ; ils firent bâtir de beaux châteaux, ne sortirent plus qu’en carrosses, et devinrent si violents, si cruels, qu’une pauvre vieille femme leur ayant un jour demandé la charité, ils la firent battre par leurs valets. Mais comme la vieille était la fée, leur bienfaitrice, les pommes précieuses s’enfuirent du petit jardin, malgré le mur qui l’entourait, et se dispersèrent dans tout le Périgord. Quant aux fils du bûcheron, ils furent, dit-on, changés en porcs et condamnés à chercher les pommes de la fée, avec des coups de bâton sur les oreilles pour tout salaire et toute récompense. Voilà, à peu près la légende de la Truffe du Périgord, telle qu’on la raconte par chez nous.

2. La naissance du roi de Rome due à une dinde truffée

 

Napoléon, empereur, maître du monde, n’avait plus de vœux à former : il ne lui manquait qu’un rejeton et il n’avait épousé Marie-Louise que pour ne pas mourir sans descendance. Cet homme qui aurait voulu que les éléments lui obéissent, s’impatientait quand il voyait que l’impératrice ne lui donnait pas d’enfant. Les courtisans répétaient sans cesse : « Attendez » ; on attendait et les jours passaient…

Un jour qu’il causait familièrement avec l’un des jeunes aides de camp de Murat, qui était déjà père d’une famille nombreuse, il lui demanda en riant comment il s’y prenait pour être père si souvent.

L’officier troublé, balbutia… ; pressé par l’empereur, il finit par avouer que c’était une recette de famille.

– Et peut-on connaître cette recette ?

– Sire …

– Allons, voyons, je dirai à mes préfets de la recommander.

– Sire, ajouta l’officier, je suis de Sarlat, ville renommée pour ses truffes. Or, j’ai entendu dire que feu mon père, lorsqu’il était las de se reposer, se faisait servir une dinde farcie de truffes et arrosée d’une bouteille de champagne. Un mois ne s’était pas passé que ma mère venait l’embrasser sur le front en souriant ; c’était un nouveau rejeton qui nous était né.

– Combien d’enfants êtes-vous ?

– Dix-neuf, Sire.

– Dix-neuf ! reprit l’empereur ; c’est donc dix-neuf dindes farcies ?

– Pardon, ajouta l’officier, la recette opérait quelquefois doublement.

L’empereur sourit, renvoya l’officier, écrivit au préfet de lui envoyer la meilleure dinde qu’il trouverait au marché de Sarlat et de la bourrer de truffes. Il suivit  point par point la prescription de l’aide de camp, but à lui seul une bouteille de champagne et, un mois après, jour pour jour, les ambassadeurs apprirent que l’impératrice était enceinte. Ce jour même, il revit son jeune officier à la parade. Le visage de l’empereur était rayonnant. L’aide de camp crut y  lire la certitude d’une promotion prochaine. En effet, le lendemain, il reçut le brevet de colonel d’un des régiments de l’armée, en garnison à Périgueux.

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